Aya Kazoun
Aya Kazoun (née en 1999) est une artiste libanaise qui vit et travaille à Beyrouth. La jeune artiste qui se destinait à des études d’anthropologie linguistique à Berlin décide pourtant de rester à Beyrouth au moment des révoltes de 2019 auxquelles elle se devait de participer. Elle obtient en 2020 son diplôme en arts visuels de l’académie des Beaux-Arts du Liban.
Les œuvres d’Aya Kazoun démontrent une certaine ambiguïté tant elles mêlent le grotesque, l’angoisse et le comique. Aya Kazoun modèle des créatures étranges où s’enchevêtrent chairs, dents, yeux et os dans des associations complexes. Son travail autour de la chair et du muscle la place en situation de “bouchère” devant la toile. Cette ancienne végétarienne utilise le mélange d'attraction et de répulsion qu’elle ressent devant la chair animale pour nourrir ses créations. Puis, ce qui nous frappe chez ces créatures, c’est leur isolement : elles sont recluses, limitées par l’espace. Certaines comptent les jours à l’image d’un prisonnier qui marque sur les murs de sa cellule les traces du temps qui passe.
Quand on connaît l’engagement citoyen d’Aya, on ne peut s’empêcher de comparer ces personnages à cette jeunesse libanaise empêchée et bloquée dans un pays qui ne leur offre qu’un sombre avenir. Son engagement, elle le vit au quotidien avec le lieu qu’elle a créé avec son frère dans une station-service désaffectée du quartier de Geitaoui, “Nation Station”. Un centre social qui œuvre sur plusieurs fronts. En plus de fournir des soins et médicaments aux victimes de la crise et du 4 août, le lieu garantit aux femmes une forme d’indépendance économique à travers la mise en place d’ateliers et de formations.
En parallèle et avec quatre amis, elle fonde un collectif nommé “Yalla Bala Manyake” qui investit des espaces abandonnés de Beyrouth. Le temps d’expositions, le collectif redonne vie à ces lieux vides qui retournent rapidement à leur état initial, marqués par quelques traces discrètes de fusain, et de souvenirs.
En parallèle, elle obtient en 2020 son diplôme en arts visuels de l’académie des Beaux-arts du Liban.
En novembre 2022, elle participe à une exposition collective au Beyrouth Art Center avec “Yalla Bala Manyake”.
Expositons
Alwan Li Beirut-Color for Beirut | décembre 2020
Exposition avec le collectif Yalla Bala Manyake | Décembre 2020 - Janvier 2021
Pop-Up Gallery Beirut | Edition 2022
Beyrouth Art Center | Exposition de groupe avec Yalla Bala Manyake, Qorras, Haven for artistes et le Collectif pour l'architecture | Octobre 2022
Publications
La Croix, 7 juillet 2022, Liban : avec Aya Kazoun, une solidarité née du chaos


Should I blossom or do I wilt, Huile et acrylique sur toile, 30x30 cm, 2021